Dr Abdelaziz Ouedraogo, 8ème promotion du PTCI PDF Print E-mail
Written by Bery Kandji   
Thursday, 26 June 2014 11:08

« Le PTCI mérite d’être pérennisé pour le bien des économies des pays membres »

Je suis Abdelaziz Ouedraogo de la huitième promotion du PTCI. J’ai été reçu au Programme pour le DEA en Macroéconomie appliquée en 2003,  avec un mémoire sur l’Analyse micro-économétrique de l’impact des contraintes de crédit sur la production et la consommation des ménages ruraux burkinabé. Ensuite j’ai intégré le milieu professionnel comme enseignant dans le privé et charge de TD à l’université de Ouagadougou.J’ai également contribué au niveau du Laboratoire d’Analyse Quantitative Appliquée au Développement-Sahel de l’université Ouaga 2 à la réalisation de plusieurs études socio économiques commanditées notamment par le Programme National de Gestions des Terroirs du Burkina, la Banque Mondiale et le Ministère de la sante du Burkina.  En 2012 j’intègre le PTCI comme Assistant des Programmes et parallèlement je me suis engagé dans des travaux de recherches doctorales. J’ai soutenu ma thèse le 24 mai 2014 sur les «  Chocs de revenu, contraintes de crédit, et formes dynamiques de pauvreté en milieu rural burkinabé ». Le programme de formation que j’ai suivi au PTCI m’a permis de me familiariser avec des outils et des méthodes d’analyse approfondie des économies de nos pays, et m’a outillé pour mieux comprendre la problématique du développement des pays les moins avancés.

Je retiens de mon passage au PTCI, en tant qu’étudiant, la capacité à mobiliser l’expertise des pays du Nord et du Sud en vue d’offrir une formation dont la qualité défie celle des universités de grande réputation. J’ai aussi été impressionné par la capacité du PTCI à créer un cadre d’expression des talents par une sélection rigoureuse des candidats au programme dans chacun des pays membres. On ne peut passer sous silence l’opportunité qu’offre le CCCO à des jeunes africains de mieux se connaitre et de créer entre eux des réseaux d’amitié. Les institutions sous-régionales et Africaines en charge de l’intégration de nos pays peuvent trouver ici un véritable modèle d’inspiration.

La plupart des institutions publiques et privées, dans tous les pays membre de la CIEREA emploient des produits du PTCI et souvent à des postes de responsabilité élevée. Je lance un appel à tous, quels que soient leurs secteurs d’activité, à contribuer à l’amélioration de la visibilité du PTCI. Le PTCI est toujours financé principalement par des partenaires financiers après 20 ans d’existence. Il est temps que les Etats membres de la CIEREA qui est l’institution mère du PTCI prennent le relais afin de garantir la pérennité du programme.

Retrouvez ci-après le résumé de la thèse de Dr Ouedraogo

 

Le choix du thème est fondé sur les constats suivants :

1) La pauvreté au Burkina est surtout caractérisée par sa très forte prédominance en milieu rural. En effet, l’incidence rurale de la pauvreté contribue pour environ 90% à son incidence nationale. Une réduction significative de la pauvreté au Burkina dépendra donc de l’efficacité des actions entreprises en faveur des populations rurales ;

2) L’offre de services de crédit aux populations défavorisées est une des principales actions entreprises par les décideurs publics pour lutter contre la pauvreté au Burkina.

La thèse a eu pour objectif d’évaluer les effets que de telles actions sur la pauvreté rurale au Burkina, notamment sur ses formes chronique et transitoire. Pour atteindre ces objectifs, des méthodes économétriques ont été utilisées pour :

i) estimer les déterminants des formes dynamiques de pauvreté (la pauvreté chronique et la pauvreté transitoire) ;

ii) estimer les effets de l’accès au crédit sur la capacité des ménages à protéger la consommation contre les chocs adverses de revenu ;

iii) estimer les effets de l’accès au crédit sur les capacités des ménages à accumuler des actifs productifs.

 

Les recherches ont abouti aux résultats suivants :

Au niveau national, la composante chronique de pauvreté rurale au Burkina est plus dominante, à cause notamment du niveau relativement élevé des inégalités inter-ménages

La pauvreté chronique est plus importante en zone non-cotonnière alors que la pauvreté transitoire est plus importante en zone cotonnière.

Cependant, les deux composantes de la pauvreté sont conjointement affectées par la faible dotation des ménages en actifs et par les chocs de revenu, notamment ceux causés par les variations des hauteurs d’eau de pluie.

Les tests ont révélé que l’assurance individuelle de la consommation n’est pas parfaite bien qu’elle soit significativement affectée par le revenu permanent

Les ménages des zones cotonnières ont une plus grande capacité à assurer individuellement la consommation

Quelle que soit la zone, les ménages qui ont accès au crédit ont une plus grande capacité à assurer individuellement la consommation.

Quelle que soit la zone de résidence, la constitution de stocks de céréales est la principale forme d’épargne utilisée par les ménages pour assurer individuellement la consommation

L’accès au crédit améliore aussi la capacité des ménages à accumuler des actifs productifs.

 

Ces résultats montrent que les efforts déployés par les décideurs publics pour améliorer l’accès des pauvres au crédit doivent être renforcés, notamment par une réduction des coûts de transaction du marché de crédit et par une adaptation de l’offre aux besoins réels de financement.

 

Last Updated on Thursday, 26 June 2014 12:22