Soutenance de mémoire de DEA/PTCI : Analyse de l’utilisation optimale des bassins versants PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Sidwaya   
Mercredi, 01 Août 2007 16:21

 

L’heure est aux soutenances de mémoires et de thèses au Programme de troisième cycle interuniversitaire (PTCI) en économie à l’Université de Ouagadougou. Mme Warvar Pierye Isabelle Dabiré, devant un jury de trois membres, a soutenu son mémoire pour l’obtention du Diplôme d’études approfondies (DEA) en économie, le vendredi 27 juillet 2007. Son travail a été sanctionné par la note de 16,50/20.

 

"Gestion durable des petits bassins versants du bassin de la Volta : simulation bioéconomique des options de gestion alternative dans le Sud-Ouest du Burkina Faso", tel est le thème de recherche choisi par Mme Warvar Pierye Isabelle Dabiré. A sa soutenance, elle avait en face d’elle un jury composé du Pr Kimseyinga Savadogo (président du jury), Dr Kassoum Zerbo et Dr Boukari Ouédraogo.

L’étude pour l’obtention du DEA en économie option Economie de l’Environnement de Mme Warvar Pierye Isabelle Dabiré a porté sur le site de Pontièba (le marigot aux crapauds en langue dagara), village de la commune rurale de Dano, province du Ioba dans le Sud-Ouest du Burkina Faso. Ce village est peuplé de 1800 âmes, selon le recensement de 2001. Cette population est exclusivement d’ethnie dagara.

Autrefois chasseurs, les Dagara sont aujourd’hui des agriculteurs-pasteurs, avec une forte dominance de l’agriculture extensive. Le choix de ce site par l’impétrante se justifie d’une part, par le fait que cette localité est une zone représentative d’une des diversités agroécologiques qui composent la région du Sud-Ouest et d’autre part, parce que cette localité est traversée par un des affluents du bassin de la Volta qui est concerné par l’étude : le Mouhoun.

Après avoir défini l’objectif global de son étude qui est de proposer un mode d’utilisation optimale des bassins versants, Mme Warvar Pierye Isabelle Dabiré a dégagé deux objectifs spécifiques à savoir, construire un modèle bioéconomique à l’échelle du bassin versant et faire des simulations : comparer des scénarii contrastés qui permettront de proposer des options optimales de gestion alternative des ressources. La préoccupation majeure étant de trouver un meilleur système de gestion qui concilie à la fois les objectifs de profit économique et de protection de l’environnement.

Pour atteindre ces objectifs, deux hypothèses ont été émises. La première estime que "les exploitants sont conscients de la nécessité de mieux gérer les ressources du bassin versant pour permettre aux générations futures d’en jouir". La seconde, elle, soutient que "la rentabilité économique des cultures irriguées est plus élevée que celle des cultures pluviales lorsque la saison est humide".

Pour confirmer ou infirmer ces hypothèses, la candidate au DEA a mené une enquête sur le site de Pontièba. Une enquête de terrain par la collecte des données primaires sur un échantillon de cent ménages, choisi de manière aléatoire, a été effectuée en deux passages : une enquête des ménages et l’autre sur l’utilisation des terres.

Crédits et information juste pour les producteurs

Au terme de son étude, Mme Warvar Pierye Isabelle Dabiré a abouti à des résultats fort bien appréciés par le jury et a formulé des recommandations. "Ce travail a permis de connaître les options d’allocation optimale des ressources. A travers un modèle bioéconomique, des réponses ont été apportées à la question centrale de cette étude qui est de savoir comment exploiter de façon optimale et durable, le petit bassin versant de Pontièba.

A partir des scénarii sur l’état de la nature, les résultats obtenus montrent que certaines ressources constituent des facteurs limitants à la production. Il s’agit du facteur eau pour toutes les campagnes d’irrigation, lorsque l’année est sèche. Il y a aussi la superficie irriguée, les terres de bas-fonds et les temps de travaux pour la première période d’installation des cultures".

Par ailleurs, le modèle bioéconomique choisi propose l’allocation d’une part importante de terres pour la culture du mil surtout lorsqu’il y a une prévision d’année sèche ou moyenne. Cela pour deux raisons : la première est que le mil résiste beaucoup plus à la sécheresse comparativement aux autres cultures. Mais, lorsqu’il y a une prévision d’année humide, le modèle propose de ne faire que du sorgho et du maïs. Il ressort, toutefois de l’enquête, que les cultures de ces deux céréales sont limitées par le manque de fertilisants. C’est pourquoi l’auteur de l’étude formule la recommandation qui est de mettre à la disposition des producteurs un crédit de campagne pour ces céréales.

Contrairement à certains villages de la commune de Dano, celui de Pontièba arrive à préserver l’autosuffisance alimentaire. Le modèle utilisé par Mme Warvar Pierye Isabelle confirme cette réalité et propose une autoconsommation du mil, du sorgho, du maïs et du riz. Le surplus de la production de céréales sera, par contre, vendu ; de même que le riz, le niébé et la tomate.

Un facteur que le modèle a intégré est l’information météorologique. Les producteurs travaillent le plus souvent sans une grande maîtrise de l’information sur l’état de la saison. Ce handicap devra, de l’avis de Warvar Pierye Isabelle Dabiré, être levé. Pour ce faire, elle a recommandé la mise à la disposition des producteurs d’un système d’information météorologique performant, c’est-à-dire la vulgarisation de l’information météorologique auprès des producteurs.

Le jury a trouvé le sujet pertinent, le modèle de l’étude original et les résultats enrichissants pour les décideurs politiques, économiques, les partenaires au développement. En effet, l’étude part du postulat que les milliards investis dans la construction de nombreux barrages peuvent être mieux utilisés, c’est-à-dire rentables pour les producteurs et pour l’écosystème.

Il a néanmoins invité la désormais titulaire de DEA en Economie à améliorer la forme et le fond de son document par une meilleure exploitation des données du modèle qui peut encore fournir des résultats intéressants que d’autres chercheurs pourraient éventuellement exploiter.

 

Enok KINDO

Sidwaya

 

Mise à jour le Lundi, 09 Avril 2012 16:36