Recherche en économie et agriculture : Plus de 1,5 milliard de FCfa pour la formation de cadres africains PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Le Soleil   
Jeudi, 02 Août 2012 13:45

L’organisation Alliance for a green revolution in Africa (Agra) a accordé une subvention de 1.566.500.000 de FCfa à la Conférence des institutions d’enseignement et de la recherche économique et de gestion en Afrique (Cierea). L’enveloppe est destinée au renforcement des capacités de cadres de haut niveau pour prendre en compte les besoins de formation et répondre aux nouveaux défis de l’agriculture.

Le Programme de troisième cycle inter-universitaire (Ptci) en économie entre dans sa 2è phase. La signature de la convention entre la Conférence des institutions d’enseignement et de la recherche économique et de gestion en Afrique (Cierea), le Ptci et l’organisation l’Alliance for a Green Revolution in Africa (Agra), marque un nouveau virage dans la formation des cadres africains. Cette substantielle subvention de 3.133.000 USD, soit 1.566.500.000 FCfa, servira à outiller 120 chercheurs et doctorants de 18 pays d’Afrique pour apporter des solutions aux nouveaux défis de l’agriculture. « Les produits qui seront formés dans le cadre de ce programme, joueront, sans nul doute, un rôle de premier plan dans la modernisation de l’agriculture africaine et son insertion dans l’économie mondiale », a indiqué le doyen de la Faculté des sciences économiques et de gestion (Faseg), Aly Mbaye.

Pour le président du Conseil d’administration, il s’agira de prendre en compte les défis actuels, comme la culture de la bonne gouvernance. « La généralisation de la bonne gouvernance dans tous les secteurs de nos économies, la définition et la conduite de politiques économiques nationales adéquates ne peuvent se réaliser qu’avec l’expertise d’économistes de très haut niveau, capables de soutenir un dialogue argumenté dans les négociations », a souligné Dr Ablassé Ouedraogo, président du Conseil d’administration du Ptci. Les experts et analystes capables d’apporter un plaidoyer dans ces domaines, a affirmé le Pr. N’dri Konan Léon, chargé du Programme pour la formation et la recherche et représentant de l’Agra, sont insuffisants, et comme l’ont montré plusieurs études de la Banque mondiale, ne pas y répondre, ce serait mettre en péril l’avenir alimentaire de l’Afrique de l’Ouest.

 

Mutualisation des ressources

La formation d’analystes et d’experts de haut niveau, qui contribueront à la création d’un environnement institutionnel basé sur une réforme des politiques nationales et favorable à l’émergence d’une agriculture compétitive, est plus qu’un impératif. Créé le 22 mai 1992 à Cotonou par la Ciera, le Ptci a permis la formation de 1.500 Dea/Master en sciences économiques et une centaine de doctorats issus de 18 pays. Pour le recteur de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, le Pr. Saliou Ndiaye, ce programme s’inscrit dans le processus d’intégration africaine par la diversité des nationalités, des bénéficiaires, mais aussi par l’harmonisation des contenus des programmes.

Le Ptci a été aussi à la base de la réduction des déficits des enseignants dans les facultés de sciences des universités, comme celle de Omar Bongo de Libreville. « A la Faculté de droit et de sciences économiques de l’Université Omar Bongo, 70 % du corps enseignant sont issus du Ptci. Il en est de même des 80 % de la Faculté des sciences économiques de Lomé. L’Université de Koudougou, au Burkina Faso, fonctionne grâce aux diplômés du Ptci, puisque plus de 95 % des enseignants sont issus de ce programme », a énuméré Mbengue Bidzo Menard de l’Université Omar Bongo de Libreville.

Pour le représentant du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, cette option illustre la pertinence de la mutualisation des ressources. « Le Ptci se présente comme un instrument clé favorisant cette gestion efficace. Nous nous attelons, dans nos départements ministériels, à apporter un appui permanent aux établissements d’enseignement supérieur et de recherche de l’Afrique francophone au sud du Sahara, afin qu’ils puissent développer leur capacité d’enseignement et de recherche et progresser vers les standards scientifiques internationaux », a soutenu le directeur de l’enseignement supérieur, le Pr. Pape Guèye.

 

Idrissa SANE

Le Soleil (Sénégal)

 

Mise à jour le Lundi, 06 Août 2012 20:44