Professeur N'Dri Konan LEON, économiste : « Le rétrécissement du marché du crédit rend plus difficile l’accès de l’Afrique à la finance » PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Le Soleil   
Lundi, 06 Août 2012 17:17

L’économiste N’dri Konan Léon, dans une communication présentée à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, a répertorié les contraintes majeures de l’accès aux financements pour les économies africaines. Le rétrécissement du marché international, soutient-il, est un obstacle de taille à l’obtention de crédits.

Le lancement du projet de master en économie agricole et politique a permis au professeur N’dri  Konan Léon de survoler les tristes réalités du marché international, lors de son discours du 30 juillet dernier.

 

Le rétrécissement de ce marché est un obstacle à l’obtention des crédits pour les pays africains, dit-il.  «L’agriculture est la clef des économies africaines. Elle représente plus de 45% du Pib et environ 60% des revenus d’exportation. Elle est cependant caractérisée par un nombre de paradoxes qui freinent son développement et sa compétitivité», souligne d’emblée le Pr. N’dri Kona Léon. Par la suite, il a mis l’accent sur les conséquences de l’absence de financement conséquent pour ce secteur. L’agriculture ne peut pas connaître un essor si elle n’a pas les moyens de ses objectifs. «Le rétrécissement du marché international du crédit rend encore plus difficile l’accès des économies africaines à la finance.

 

Au niveau mondial, l’Afrique ne représente que 2% du commerce global et beaucoup de pays dépendent des exportations de matières premières dont les prix ne cessent de baisser à cause de la crise mondiale», poursuit l’économiste. À l’en croire, l’agriculture, qui est l’activité prédominante en Afrique, bénéficie de moins de 3% des fonds des banques commerciales. Les litiges fonciers expliquent, en partie, cette méfiance des banques. Un indice d’espoir tout de même : les semences améliorées peuvent aider à atténuer les conséquences néfastes, estime le Pr. N’dri Konan Léon. Surtout qu’elles ont un potentiel de productivité entre 4 et 6 tonnes à l’hectare, contre moins d’une tonne à l’hectare pour les variétés traditionnelles. «Malheureusement, l’adoption de nouvelles variétés en Afrique de l’Ouest est encore faible, comparée aux pays développés. Bien que les sociétés privées de semences aient été encouragées à participer à l’industrie semencière, elles sont privées d’accès aux semences de base leur permettant de produire des semences certifiées», ajoute le professeur. Contrairement à ce qu’on peut croire, affirme le professeur, l’utilisation de l’engrais en Afrique  reste faible si on fait une comparaison avec les tendances au niveau mondial.

 

Khady Mahfou AIDARA (stagiaire)

Source: lesoleil.sn

 

Mise à jour le Lundi, 06 Août 2012 18:11